Nos proches ont besoin de nous !

Repas et coucher rapide

« Je n’avais que cinq personnes à coucher ».

Ce soir-là je suis comme très souvent auprès de Georgette : l’aide-soignante — une personne dynamique, sympathique, empathique — dépose le plateau-repas comme d’habitude, à 17 H 45.

La même AS passe la tête par la porte à 18 H 10 : nous n’avons pas terminé…

Je lui demande de repasser, surprise de l’heure…

Elle réapparaît cinq minutes plus tard et me demande si elle peut mettre au lit ma belle-mère : oui, pas de problème…

Mais je lui demande ce qui se passe ce soir, pourquoi si tôt ?

Elle me répond alors que ce soir :

« Je n’ai eu que cinq personnes âgées à faire manger et à coucher ».

Je fais un rapide calcul : entre 17 H 45, heure à laquelle elle a déposé le plateau dans la chambre, et 18 H 10, heure à laquelle elle a passé la tête dans la porte la première fois, cela fait exactement 25 minutes divisées par cinq personnes âgées, cela fait cinq minutes par personne pour la faire manger et pour la coucher !

Je laisse l’AS et ma belle-mère qui se trouve sur son fauteuil : j’ai préparé comme chaque soir le coucher : j’ai enlevé les bas de contention et les chaussures, enlevé l’appareil auditif et les lunettes, fait le brossage des dents… mais il faut tout de même la mettre dans le lit, la déshabiller, changer la protection, faire une toilette intime (?), et mettre le pyjama…

Je descends un étage, passe rapidement aux toilettes, sors dans le couloir… et je faillis bousculer l’AS qui redescend de l’étage…

Mais comment cela se passe-t-il pour les autres personnes âgées qui n’ont personne auprès d’elles ?

Je signale par mail à la chef de service.

Je n’ai eu aucun retour.