Nos proches ont besoin de nous !

L’incompréhension

« Elle n’a pas voulu se lever ce matin ».

Habituellement, je vais voir ma belle-mère vers 17 H pour le repas et j’attends ensuite l’heure du coucher.

Ce jour-là, exceptionnellement, j’accompagne ma fille qui rend visite à sa grand-mère.

Il est 14 H 30 quand nous entrons dans l’EHPAD.

Aussitôt passée la porte du couloir, arrivées au bas de l’escalier, nous sommes saisies par les cris de ma belle-mère :

« Au secours, j’en ai marre de rester au lit, je veux me lever, au secours ! ».

Les appels sont clairs et la voix très distincte.

Tout en montant quatre à quatre les escaliers, ma fille s’affole :

« Que se passe-t-il ? »

Je la rassure :

« Si elle est encore dans son lit à cette heure-ci, c’est qu’il y a une bonne raison : elle doit être malade »…

En effet, la veille, une infirmière a téléphoné pour nous prévenir qu’elle avait chuté de son fauteuil en voulant se lever : mais rien de grave, elle a juste glissé…

Je fais donc le lien entre la chute de la veille et le fait qu’elle soit encore au lit…

Au pied de son lit, nous la questionnons.

Mais non, elle dit ne pas être malade, ni fatiguée et elle insiste pour que nous la levions.

Je descends voir l’infirmière en espérant la trouver dans son bureau car à cette heure-ci je sais que les aides-soignantes sont dans leur salon de repos et que je ne trouverai personne dans les couloirs.

Oui, l’infirmière de service se trouve bien dans son bureau.

Je lui demande des nouvelles de Georgette et je m’attends à un problème de santé.

Et je suis surprise d’entendre la réponse de l’infirmière :

« Non, non, elle n’est pas malade, elle n’a pas voulu se lever ce matin »…

Je pense que ce matin elle était peut-être fatiguée ou endolorie par sa chute de la veille, mais quel lien entre son refus de se lever le matin et le fait qu’elle soit encore au lit à 14 H 30 ?

Je ne comprends pas.

L’infirmière me coupe la parole et m’invite à remonter dans la chambre :

« J’envoie tout de suite une AS pour la lever ».

Effectivement, une AS arrive en même temps que moi dans la chambre : elle lève ma belle-mère, sans vérifier la protection et sans l’habiller :

« Il est tard, ce n’est pas la peine ».

Une fois ma fille partie, je décide de descendre dans la salle à manger — avec Georgette en pyjama — où une animation a commencé.

L’animatrice m’interpelle, surprise de me voir :

« Vous descendez votre belle-mère ? Mais vous avez vu l’infirmière ? »

Au vu de mes explications, l’animatrice est consternée :

« Je n’y comprends rien : en début d’après-midi, j’ai voulu aller chercher votre belle-mère comme d’habitude, pour qu’elle participe à l’animation, mais l’infirmière, la même que celle que je venais de rencontrer, m’a arrêtée : non, ne va pas chercher Georgette, elle est en isolement.

J’ai cru qu’elle était malade, une grosse gastro ou autre… Je ne comprends pas ».

J’ai bien sûr fait remonter cet incident auprès de la chef de service et de la directrice : aucune explication, aucune réaction…

Au cours d’un CVS, alors que l’on parlait de la notion de maltraitance, la directrice m’a répondu qu’il n’y avait pas de maltraitance dans son établissement, sans pouvoir nommer l’incident que je venais de rapporter.

L’animatrice présente au CVS a confirmé mes propos et a redit sa surprise et son incompréhension face aux réactions et aux décisions de sa collègue infirmière.