Nos proches ont besoin de nous !

La chute, les pompiers, et l’hôpital

« Ce sont les AS qui en voulant me coucher m’ont fait tomber ».

Un coup de téléphone nous avertit que Georgette est tombée dans sa chambre.

Comme l’exige la procédure, elle part avec les pompiers à l’hôpital faire une radio du crâne, sa tête ayant heurté la table de nuit.

Je suis en souci : les pompiers, l’arrivée à l’hôpital, l’attente pour la radio, le retour à l’EHPAD, tout cela va beaucoup la perturber.

L’EHPAD rappelle le soir : elle vient de revenir et tout va bien.

Nous retrouvons Georgette surexcitée, et très bavarde : son flot de paroles est incessant et incohérent mais on comprend tout de même que les pompiers lui ont conseillé de « porter plainte » et qu’elle a accusé le médecin de l’hôpital de « maltraitance »…

Nous sommes perplexes mais nous pressentons qu’un événement perturbant s’est produit.

Elle se calme enfin et veut nous raconter SA version des faits :

Alors qu’elle était en « isolement », donc dans sa chambre l’après-midi, deux AS sont entrées et ont voulu la mettre au lit « pour s’avancer pour le moment du coucher ».

Georgette dit avoir refusé car c’était trop tôt, elle s’est débattue et sa tête a alors cogné contre la table de nuit.

« C’est à cause d’elles que je me suis fait mal et que j’ai dû partir à l’hôpital ».

Nous avons interrogé le personnel et la chef de service :

« Non, cela ne s’est pas passé comme cela ; quand nous sommes entrées dans la chambre dans l’après-midi, elle était par terre et a dit que sa tête avait heurté la table de nuit ».

La chef de service et la directrice m’ont fait plus tard remarquer que ma belle-mère perdait la tête, ce qui était une réalité, et qu’il ne fallait donc pas prendre mot à mot ce qu’elle disait…

Pourtant, j’avais déjà entendu dans l’institution des personnes âgées se plaindre :

« Je ne demande plus à être changée dans l’après-midi, même si j’en ai besoin. Sinon, les AS me changent puis me mettent au lit, même si c’est bonne heure. Et j’y reste jusqu’au lendemain matin ».

Georgette n’était pas au courant de ces éléments-là…