Nos proches ont besoin de nous !

Les médicaments

« C’est la pharmacie centrale qui prépare les médicaments »

Chaque soir il y a sur le plateau-repas une petite boîte qui contient cinq comprimés de médicaments que nous connaissons maintenant par cœur.

Quelques jours après l’entrée de Georgette en EHPAD, nous ne trouvons pas la boîte : on interroge l’aide-soignante qui a apporté le plateau ; elle nous dit qu’elle appelle l’infirmière de service ce soir-là.

J’accueille l’infirmière par un :

« Un oubli, ça peut arriver »,

petite phrase qui se veut sympa et emplie d’empathie vis-à-vis de la soignante.

À mon grand étonnement l’infirmière le prend mal et s’insurge :

« Ce n’est pas moi qui prépare les médicaments, c’est la pharmacie centrale ».

Je ne comprends pas la relation entre la pharmacie centrale et l’absence des médicaments ce soir-là… et je le lui dis…

« Vous comprenez, je n’ai même pas eu le temps de manger à midi ».

Là encore, je ne comprends pas la relation.

« Mais vous savez, votre belle-mère n’est pas oubliée : je repasse ensuite dans les chambres pour distribuer les médicaments manquants ».

Plutôt que d’être obligée de passer ensuite dans les chambres pour apporter la boîte de médicaments oubliée, pourquoi ne passe-t-elle pas davantage de temps à vérifier sur chaque plateau repas ? Cela lui ferait gagner du temps et apparemment du temps, elle en manque…

Je lui fais part de ma réflexion.

Le lendemain, la boîte est encore absente.

L’AS appelle l’infirmière.

Nous découvrons alors que c’est la même que la veille.

Mais cette fois-ci, elle se met carrément en colère et le ton monte : elle part alors chercher « une preuve » car « je ne veux pas la croire »…

Elle revient avec un grand plateau à rayonnages : c’est le travail que fait la pharmacie centrale qui prépare en amont toutes les boîtes de médicaments pour la semaine.

Mais ma question reste toujours identique : quel est le lien entre la pharmacie centrale et l’absence des médicaments sur le plateau ?

Quelques jours plus tard, nous sommes convoqués par la chef de service.

Dans son bureau, nous rencontrons l’infirmière en question, une AS, la chef de service et la psychologue de l’EHPAD qui tente de dédramatiser et d’apaiser les choses.

L’infirmière est remontée contre moi (?) et maintient son discours :

« C’est la pharmacie… »

soutenue par la chef de service…

De guerre lasse, je laisse tomber.

Je sors de la réunion anéantie que cette petite phrase qui, dans mon esprit, avait pour but d’excuser un oubli, ait provoqué autant de remous et de discussions stériles.

Plusieurs mois plus tard, nous avons constaté, à plusieurs reprises, que soit il manquait des médicaments, soit il y en avait en trop.

Ce soir-là, l’infirmière de service, alertée par l’AS à qui nous avions dit notre surprise, est venue dans la chambre vérifier nos dires. Elle a immédiatement récupéré le comprimé de médicament de trop.

Cette infirmière a vraisemblablement fait remonter l’incident car dès le lendemain matin la directrice téléphonait à mon mari — pour la première et dernière fois : elle présentait ses excuses tout en précisant qu’elle avait prévenu la pharmacie centrale qui était responsable !

« Vous comprenez, le médecin que nous avons interrogé a dit que si ce médicament avait été donné pendant une semaine, cela aurait pu provoquer des crises d’épilepsie ».

Nous, on a toujours imaginé que l’infirmière de service avait l’obligation de re-vérifier les médicaments au moment de la mise en place sur les plateaux-repas…