Il est 19 h 15 ce soir-là et personne n’est encore venue coucher Georgette.
Je surveille l’heure car à 19 h 30 les résidents qui mangent dans la salle à manger vont remonter en petits groupes par l’ascenseur.
Et l’aide-soignante devra alors s’occuper de l’arrivée à l’étage des personnes âgées, raccompagner certaines dans leur chambre, puis devra changer et coucher celles qui ne sont pas totalement autonomes.
En effet, l’ascenseur arrive.
Je sors de la chambre de Georgette et je vois une jeune femme qui fait ce qu’elle peut pour gérer la situation : manifestement, elle est débordée mais reste calme : entre deux fauteuils roulants qui sortent de l’ascenseur, elle me glisse rapidement qu’elle pense à ma belle-mère mais qu’elle n’a pas encore eu le temps de s’en occuper… elle est arrivée seulement hier dans l’EHPAD et est un peu perdue.
Les personnes âgées commencent à s’impatienter, certaines haussent le ton, d’autres s’invectivent…
Je décide de l’aider dans la mesure de mes moyens : j’accompagne jusque dans les chambres les personnes qui marchent ; je pousse les fauteuils quand l’AS m’indique le numéro de la chambre, et lorsque chacun a retrouvé sa chambre, l’AS vient coucher ma belle-mère, exténuée.
Georgette a été ce soir-là au lit à 20 h 15 au lieu de 18 h 45 ou 19 h habituellement…
Moi, je quitte enfin l’EHPAD où j’étais arrivée à 17 h.
Quant à la nouvelle aide-soignante, elle a encore des couchers à assurer…